Par Carole Noumea · Entrepreneur Anonyme · Juillet 2026
⏱ Temps de lecture : 19 minutes
1. Se payer un salaire quand on dirige sa boîte : comprendre les enjeux réels
1.1. Pourquoi la rémunération du dirigeant est l’une des décisions les plus stratégiques
1.2. Les différents modes de rémunération du dirigeant selon son statut juridique
1.3. Les erreurs classiques qui coûtent cher dans la rémunération du dirigeant
2. Comment calculer et optimiser son salaire de dirigeant
2.1. Combien se payer : la méthode pour fixer le bon niveau de rémunération
2.2. L’arbitrage salaire / dividendes : quelle combinaison selon le statut
2.3. Optimiser sa rémunération globale : PER, holding et avantages en nature
3. La Stratégie des Fractales : la rémunération du dirigeant comme décision systémique
3.1. Trouver l’équilibre entre se payer correctement et financer la croissance
3.2. L’écosystème Entrepreneur Anonyme pour structurer votre stratégie de rémunération
3.3. Ce qu’une politique de rémunération bien pensée rend possible à long terme
4. FAQ — Se payer un salaire quand on dirige sa boîte
La question du salaire du dirigeant — comment se payer quand on dirige sa propre entreprise — est l’une des plus sensibles et des moins bien traitées de l’entrepreneuriat. Sensible parce qu’elle mêle des considérations financières objectives (fiscalité, protection sociale, trésorerie de l’entreprise) avec des dimensions psychologiques profondes : le sentiment de mérite, la culpabilité de se payer “trop” pendant que l’entreprise croît, ou à l’inverse le sacrifice financier silencieux qui s’accumule jusqu’à l’épuisement. Mal traitée parce que la plupart des entrepreneurs prennent cette décision en mode réactif — ils se paient ce qu’il reste après avoir tout payé, ou ils se calquent sur un ami entrepreneur sans que cela corresponde à leur situation réelle.
Cet article traite la rémunération du dirigeant avec la rigueur stratégique qu’elle mérite : les modes de rémunération disponibles selon le statut juridique, la méthode pour fixer le bon niveau, l’arbitrage salaire/dividendes, et les leviers d’optimisation fiscale légaux. En termes d’ordre de grandeur, selon les données publiées par Bpifrance, la rémunération médiane des dirigeants de PME françaises (hors grandes entreprises) se situe autour de 50 000 à 70 000 euros bruts annuels — mais avec une dispersion considérable selon le secteur, la taille de l’entreprise et l’ancienneté du dirigeant.
Se payer un salaire quand on dirige sa boîte : comprendre les enjeux réels
Pourquoi la rémunération du dirigeant est l’une des décisions les plus stratégiques
La rémunération du dirigeant est une décision stratégique pour trois raisons simultanées qu’il convient de distinguer clairement. La première est économique : le mode de rémunération choisi détermine le coût total pour l’entreprise, la fiscalité personnelle du dirigeant, et le niveau de protection sociale dont il bénéficie. Une même rémunération nette perçue peut coûter entre 1,5 et 3 fois plus à l’entreprise selon le statut juridique et le mode de rémunération adopté — un écart qui peut représenter des dizaines de milliers d’euros annuels. La deuxième raison est psychologique : un dirigeant qui se sous-paie chroniquement crée une forme de dette silencieuse envers lui-même, qui génère du ressentiment envers l’entreprise et détériore progressivement son rapport à son travail.
La troisième raison est stratégique au sens strict : le niveau de rémunération du dirigeant est l’un des paramètres qui détermine la structure de coûts de l’entreprise, sa capacité à financer sa croissance, et sa valorisation en cas de cession — un acheteur potentiel retraitera systématiquement la rémunération du dirigeant actuel pour évaluer ce que coûterait un manager de substitution, et ajustera la valorisation en conséquence. Une rémunération de dirigeant sous-évaluée peut ainsi paradoxalement réduire la valorisation de l’entreprise lors d’une cession, parce qu’elle masque un coût de remplacement que l’acheteur devra supporter.
La rémunération du dirigeant est l’ensemble des flux financiers que le dirigeant d’une entreprise perçoit en contrepartie de son travail et de son investissement dans la structure. Elle peut prendre plusieurs formes selon le statut juridique : rémunération de gérant (TNS ou assimilé salarié), dividendes, remboursement de compte courant d’associé, avantages en nature, et placements dans des dispositifs d’épargne retraite. L’optimisation de la rémunération du dirigeant consiste à trouver la combinaison qui maximise le net perçu tout en minimisant le coût total pour l’entreprise, dans le respect du cadre légal et fiscal.
Les différents modes de rémunération du dirigeant selon son statut juridique
Le mode de rémunération disponible pour un dirigeant dépend directement de son statut juridique et de la forme de sa société. Le gérant majoritaire de SARL ou d’EURL est affilié au régime des travailleurs non salariés (TNS) : il perçoit une rémunération de gérance qui n’est pas un salaire au sens du droit du travail, et paie des cotisations TNS calculées sur cette rémunération (environ 45% du net perçu). Ses cotisations TNS sont moins élevées que les charges salariales et patronales d’un salarié, mais sa protection sociale — notamment en matière d’arrêt maladie et de retraite — est structurellement inférieure. Le président de SAS ou de SASU est assimilé salarié : il perçoit une rémunération soumise aux cotisations sociales salariales et patronales (coût total d’environ 80-85% du net perçu), bénéficie d’une protection sociale comparable à celle d’un cadre salarié, mais ne cotise pas à l’assurance chômage.
Le choix du statut juridique impacte donc directement le coût de la rémunération et la protection sociale — deux variables qui doivent être évaluées simultanément et non l’une après l’autre. Une rémunération nette identique coûte environ 40% de moins à l’entreprise en régime TNS qu’en régime assimilé salarié — mais cette économie de charges s’accompagne d’une protection sociale plus légère, notamment sur les arrêts maladie où le délai de carence est de 7 jours pour un TNS contre 3 jours pour un salarié. Pour approfondir les différences entre ces statuts, l’article d’Entrepreneur Anonyme sur le choix entre SASU et EURL développe l’analyse complète des implications sur la rémunération selon chaque forme juridique.
Les erreurs classiques qui coûtent cher dans la rémunération du dirigeant
Trois erreurs récurrentes coûtent cher aux dirigeants dans la gestion de leur rémunération. La première est de se payer en fonction de ce que la trésorerie permet à un instant T, sans politique définie. Cette approche conduit à des rémunérations erratiques — très basses pendant les creux, parfois excessives pendant les pics — qui rendent la gestion financière personnelle du dirigeant impossible et masquent la performance réelle de l’entreprise dans les tableaux de bord financiers. La deuxième erreur est de ne se payer qu’en dividendes pour “éviter les charges sociales”, sans comprendre que les dividendes ne génèrent pas de droits à retraite ni de protection sociale pour arrêt maladie ou invalidité — et qu’un dirigeant TNS qui se paie exclusivement en dividendes risque de ne percevoir aucune pension significative à la retraite.
La troisième erreur est de ne jamais réviser sa rémunération à la hausse lorsque l’entreprise croît. Un dirigeant qui s’est payé 2 000 euros nets par mois au lancement et qui dirige 3 ans plus tard une entreprise à 2 millions d’euros de chiffre d’affaires avec 15 personnes, en continuant à percevoir 2 000 euros nets, crée plusieurs problèmes simultanément : une frustration personnelle qui nuit à sa motivation, une sous-estimation de la valeur de son travail qui fausse les tableaux de bord de rentabilité de l’entreprise, et un risque de reconstitution de rémunération par l’administration fiscale si celle-ci considère que la rémunération est anormalement basse par rapport aux fonctions exercées. L’article d’Entrepreneur Anonyme sur l’optimisation fiscale légale développe les cadres dans lesquels la rémunération du dirigeant peut être structurée de façon optimale.
Ne fixez jamais votre rémunération de dirigeant uniquement à partir de ce que la trésorerie permet de payer, sans politique définie. Cette approche génère une instabilité financière personnelle préjudiciable, fausse les indicateurs de rentabilité de l’entreprise, et expose à un risque de redressement fiscal si l’administration considère que la rémunération est anormalement basse par rapport aux fonctions exercées.
La rémunération du dirigeant est une décision stratégique aux dimensions économiques (coût total, fiscalité, protection sociale), psychologiques (rapport au mérite) et stratégiques (valorisation de l’entreprise). Son mode dépend directement du statut juridique — TNS vs assimilé salarié. Les trois erreurs classiques : rémunération dictée par la trésorerie, dividendes exclusifs sans protection sociale, et rémunération qui ne suit pas la croissance de l’entreprise.
Avez-vous une politique formalisée de rémunération pour vous-même — avec un niveau défini, une fréquence fixe et une règle de révision annuelle ? La plupart des dirigeants qui répondent honnêtement à cette question réalisent qu’ils improvisent leur propre rémunération depuis le premier jour. L’audit stratégique d’Entrepreneur Anonyme évalue votre structure de rémunération et identifie les leviers d’optimisation à votre disposition.
Comment calculer et optimiser son salaire de dirigeant
Combien se payer : la méthode pour fixer le bon niveau de rémunération
Fixer le bon niveau de rémunération pour le dirigeant demande de répondre simultanément à trois questions complémentaires qui convergent vers un niveau pertinent. La première : “Quel est le salaire de marché d’un manager salarié qui exercerait les mêmes fonctions dans une entreprise de taille équivalente ?” Cette référence externe fournit un plancher de rémunération en dessous duquel se payer revient à se sous-évaluer systématiquement, avec les conséquences décrites plus haut. Des sources comme l’Apec, l’INSEE ou les enquêtes de rémunération sectorielles permettent d’identifier ce niveau de marché.
La deuxième question : “Quel est le niveau de rémunération dont j’ai besoin pour couvrir mes dépenses personnelles incompressibles et maintenir un niveau de vie stable et serein ?” Ce plancher personnel est non négociable — se payer en dessous génère un stress financier qui nuit aux décisions de direction. La troisième question : “Quel niveau de rémunération l’entreprise peut-elle absorber sans compromettre ses capacités de financement de la croissance et sa trésorerie de précaution ?” La réponse à cette question fournit un plafond contextuel, qui peut évoluer avec la performance de l’entreprise. L’intersection de ces trois réponses — plancher de marché, plancher personnel et plafond de trésorerie — détermine la zone de rémunération pertinente pour le dirigeant à un stade donné du développement de l’entreprise.
Définissez votre rémunération de dirigeant comme un montant fixe mensuel — pas comme un prélèvement variable selon la trésorerie disponible. Ce montant fixe doit couvrir vos dépenses personnelles incompressibles augmentées d’un matelas de confort raisonnable. Il doit être révisé formellement chaque année lors de la clôture des comptes, selon des règles prédéfinies liées aux performances de l’entreprise.
L’arbitrage salaire / dividendes : quelle combinaison selon le statut
L’arbitrage entre rémunération de dirigeant et dividendes est l’une des questions d’optimisation les plus fréquentes dans la gestion financière personnelle d’un entrepreneur — et l’une des plus dépendantes de la situation individuelle. Pour un président de SASU assimilé salarié, les dividendes sont soumis au Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU) de 30% (12,8% d’IR + 17,2% de prélèvements sociaux), sans cotisations sociales supplémentaires. Pour un gérant majoritaire de SARL TNS, les dividendes au-delà de 10% du capital + comptes courants sont soumis aux cotisations TNS en plus du PFU, ce qui en réduit significativement l’attrait fiscal par rapport à la SASU.
La règle générale d’arbitrage est la suivante : la rémunération de dirigeant (salaire ou rémunération de gérance) est préférable aux dividendes tant que la Tranche Marginale d’Imposition (TMI) du dirigeant reste inférieure ou égale à 30% — parce qu’elle génère des droits à retraite et à la protection sociale qui ont une valeur économique réelle. Au-delà d’une TMI de 41% ou 45%, les dividendes deviennent souvent plus avantageux fiscalement pour les montants au-delà des besoins personnels immédiats. Mais cette analyse doit toujours intégrer la valeur des droits à retraite générés par les cotisations sociales sur la rémunération — une valeur qui est difficile à quantifier précisément mais qui peut être significative sur 20 à 30 ans de carrière entrepreneuriale. La décision d’optimiser son salaire de dirigeant par rapport aux dividendes mérite une simulation précise menée avec un expert-comptable, car elle dépend de nombreux paramètres individuels.
Optimiser sa rémunération globale : PER, holding et avantages en nature
Au-delà de l’arbitrage salaire/dividendes, plusieurs dispositifs permettent d’optimiser la rémunération globale du dirigeant en réduisant l’impact fiscal total. Le Plan d’Épargne Retraite (PER) est le levier le plus puissant : les versements sur un PER sont déductibles du revenu imposable dans la limite du plafond annuel (10% du revenu net N-1 pour un dirigeant TNS, avec un plafond absolu actualisé chaque année), générant une économie d’impôt immédiate à la TMI du dirigeant. Pour un dirigeant à TMI de 41%, chaque euro versé sur un PER génère 41 centimes d’économie d’impôt immédiate — un rendement immédiat de 41% que peu d’investissements peuvent égaler.
La structure holding est un deuxième levier d’optimisation de la rémunération du dirigeant : elle permet de remonter les bénéfices de la filiale opérationnelle avec une quasi-exonération d’IS (régime mère-fille) et de les réinvestir ou de les faire fructifier dans la holding sans passer par la fiscalité personnelle immédiate. Ce mécanisme est particulièrement intéressant lorsque les besoins personnels du dirigeant sont inférieurs aux bénéfices générés par l’entreprise. Les avantages en nature (véhicule de société, téléphone, ordinateur) constituent un troisième levier d’optimisation : pris en charge par l’entreprise sur la base forfaitaire d’évaluation de l’URSSAF, ils permettent de couvrir des dépenses personnelles réelles avec une fiscalité et des cotisations sociales inférieures à ce qu’elles seraient si le dirigeant les finançait avec son revenu net. L’article d’Entrepreneur Anonyme sur la holding et ses avantages développe le mécanisme complet d’optimisation de la rémunération via cette structure. Selon les données publiées par la Direction Générale des Finances Publiques, le PER est actuellement le dispositif d’épargne retraite qui offre le meilleur rapport avantage fiscal/flexibilité pour les dirigeants d’entreprise.
Calculer et optimiser son salaire de dirigeant demande de croiser trois références (marché, besoins personnels, capacité de l’entreprise), de choisir la combinaison salaire/dividendes adaptée au statut et à la TMI, et d’activer des leviers complémentaires : PER (économie d’impôt immédiate à la TMI), holding (réinvestissement à fiscalité réduite) et avantages en nature (dépenses personnelles à coût social et fiscal réduit).
La Stratégie des Fractales : la rémunération du dirigeant comme décision systémique
Trouver l’équilibre entre se payer correctement et financer la croissance
La Stratégie des Fractales d’Entrepreneur Anonyme est un cadre organisationnel dans lequel chaque niveau de l’organisation reproduit la logique stratégique du dirigeant de façon autonome. Appliquée à la rémunération du dirigeant, cette philosophie recommande de traiter cette décision non pas comme un paramètre comptable à optimiser isolément, mais comme un élément d’un système financier global — dans lequel la rémunération du dirigeant, la trésorerie de l’entreprise, les investissements de croissance et la construction du patrimoine personnel sont des vases communicants qui doivent être pilotés ensemble.
L’équilibre à trouver entre se payer correctement en tant que dirigeant et financer la croissance de l’entreprise est l’un des arbitrages les plus récurrents et les plus structurants de la vie d’un entrepreneur. La Stratégie des Fractales propose un cadre simple pour le traiter : réserver en priorité la rémunération minimale nécessaire à la sérénité financière personnelle du dirigeant (le plancher personnel décrit plus haut), réserver ensuite la trésorerie de précaution de l’entreprise (4 à 6 mois de charges), et allouer le solde disponible entre investissements de croissance et rémunération complémentaire (dividendes ou versements sur PER) selon le TRI attendu des investissements disponibles comparé au rendement des actifs patrimoniaux alternatifs. Ce cadre systémique évite les deux dérapages symétriques les plus courants : le dirigeant qui se prive pour “réinvestir tout” sans jamais se constituer un patrimoine personnel, et le dirigeant qui se paie trop tôt sans avoir constitué les réserves nécessaires à la résilience de l’entreprise. L’article d’Entrepreneur Anonyme sur que faire des bénéfices de son entreprise développe cet arbitrage en profondeur.
La Stratégie des Fractales est un cadre développé par Entrepreneur Anonyme dans lequel chaque niveau de l’organisation reproduit la logique stratégique du dirigeant de façon autonome. Appliquée à la rémunération du dirigeant, elle implique de traiter cette décision non pas comme un paramètre comptable isolé mais comme un élément d’un système financier global — dans lequel rémunération personnelle, trésorerie d’entreprise, investissements de croissance et patrimoine personnel sont pilotés conjointement selon des règles d’allocation prédéfinies et révisées annuellement.
L’écosystème Entrepreneur Anonyme pour structurer votre stratégie de rémunération
L’écosystème Entrepreneur Anonyme propose des cadres méthodologiques pour structurer la rémunération du dirigeant avec la rigueur stratégique qu’elle mérite. Les guides et check-lists d’Entrepreneur Anonyme incluent des modèles de politique de rémunération du dirigeant — avec les règles d’allocation, les mécanismes de révision annuelle et les leviers d’optimisation adaptés à chaque statut juridique. Ces modèles permettent de sortir de l’improvisation réactive pour entrer dans une gestion délibérée et cohérente de la rémunération. Les outils de simulation permettent de comparer précisément, pour un niveau de rémunération nette cible, le coût total selon différents scenarios : rémunération TNS, rémunération assimilé salarié, combinaison salaire + dividendes, ou versements sur PER — pour choisir la combinaison optimale selon la situation individuelle.
La communauté Entrepreneur Anonyme réunit également des dirigeants qui ont structuré leur rémunération à différents stades de développement de leur entreprise et qui partagent les décisions concrètes qu’ils ont prises — les montants, les combinaisons retenues, les erreurs évitées et les ajustements réalisés en cours de route. Ces partages d’expérience concrets sont souvent plus éclairants que les simulations théoriques pour un dirigeant qui cherche à calibrer sa propre politique de rémunération. Selon les données publiées par l’URSSAF, près de 40% des travailleurs non salariés n’ont pas formalisé de politique de rémunération personnelle — ce qui en fait l’un des angles morts financiers les plus répandus dans la gestion des PME.
Ce qu’une politique de rémunération bien pensée rend possible à long terme
Un dirigeant qui a formalisé sa politique de rémunération — avec un niveau défini, une fréquence fixe, des règles d’arbitrage entre salaire et dividendes, et une stratégie d’optimisation via PER et autres dispositifs — dispose d’une sérénité financière personnelle qui améliore directement la qualité de ses décisions de direction. Les décisions sous pression financière personnelle sont structurellement moins bonnes que celles prises depuis un position de stabilité — un dirigeant qui ne sait pas s’il pourra payer ses charges personnelles le mois prochain ne prend pas les mêmes décisions stratégiques qu’un dirigeant qui dispose d’une visibilité à 12 mois sur sa situation financière personnelle. Cette sérénité n’est pas un luxe — c’est une condition de la qualité du leadership.
La vision long terme que la Stratégie des Fractales propose pour la rémunération du dirigeant est celle d’un système financier personnel et professionnel cohérent — dans lequel la rémunération suit la performance de l’entreprise selon des règles prédéfinies, le patrimoine personnel se constitue progressivement via des dispositifs optimisés fiscalement, et l’entreprise dispose des ressources nécessaires à sa croissance sans être privée par une rémunération excessive du dirigeant, ni contraindre injustement ce dernier à se financer lui-même via du capital risqué.
La Stratégie des Fractales recommande de traiter la rémunération du dirigeant comme un élément d’un système financier global — rémunération personnelle fixe définie, trésorerie de précaution constituée, solde alloué entre croissance et patrimoine selon des règles prédéfinies. Une politique de rémunération formalisée génère une sérénité financière personnelle qui améliore directement la qualité des décisions de direction sur la durée.
Conclusion : se payer en tant que dirigeant est une décision stratégique, pas une dépense
La rémunération du dirigeant n’est pas une question à régler une fois par an avec l’expert-comptable sur la base de ce que la trésorerie permet. C’est une décision stratégique qui mérite une politique formalisée, révisée régulièrement, optimisée fiscalement et intégrée dans un système financier global cohérent. Un dirigeant qui se paie correctement, de façon stable et avec une stratégie d’optimisation réfléchie, est un dirigeant qui peut prendre de meilleures décisions pour son entreprise — parce qu’il n’est pas distrait par une pression financière personnelle chronique et parce qu’il valorise correctement son propre travail dans les indicateurs de performance de son entreprise.
La Stratégie des Fractales vous invite à traiter votre propre rémunération de dirigeant avec la même rigueur que vous appliquez à vos autres décisions de gestion — en la définissant délibérément, en la structurant de façon à minimiser le coût fiscal légalement, et en l’intégrant dans un système financier personnel et professionnel qui vous donne la stabilité et la liberté nécessaires pour diriger avec sérénité.
Structurez votre rémunération de dirigeant avec la Stratégie des Fractales
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FAQ — Se payer un salaire quand on dirige sa boîte
Peut-on ne pas se payer de salaire au lancement de son entreprise ?
Techniquement oui — aucune loi n’oblige un dirigeant à se verser une rémunération. En pratique, ne pas se payer du tout pendant le lancement est une décision acceptable à court terme (quelques mois) si le dirigeant dispose d’une épargne personnelle suffisante pour couvrir ses dépenses pendant cette période. Au-delà de 6 à 12 mois sans rémunération, les risques s’accumulent : épuisement des économies personnelles, stress financier qui nuit à la qualité des décisions, et absence de cotisations sociales qui peut fragiliser la protection en cas d’accident ou de maladie. La règle recommandée est de se fixer un plancher minimal de rémunération dès que l’entreprise génère un chiffre d’affaires régulier, même si ce plancher est modeste.
Quelle est la différence entre la rémunération d’un gérant TNS et d’un président de SAS assimilé salarié ?
La différence principale porte sur le coût en charges sociales et la protection sociale offerte. Le gérant TNS (SARL/EURL) paie des cotisations TNS d’environ 45% du net perçu, avec une protection sociale de niveau inférieur au régime général (arrêt maladie à partir du 7e jour, retraite à taux plus faible). Le président de SAS assimilé salarié supporte des charges sociales de l’ordre de 80-85% du net perçu (soit un coût total bien plus élevé pour l’entreprise), mais bénéficie d’une protection sociale comparable à celle d’un cadre salarié (arrêt maladie à partir du 4e jour, retraite au régime général). L’arbitrage entre les deux dépend de la priorité accordée à la réduction du coût de la rémunération versus la qualité de la protection sociale.
À partir de quel moment est-il intéressant de verser des dividendes plutôt qu’une rémunération ?
Les dividendes deviennent plus intéressants que la rémunération complémentaire lorsque la Tranche Marginale d’Imposition du dirigeant est supérieure à 30% — c’est-à-dire lorsque chaque euro de rémunération supplémentaire est imposé à 41% ou 45% + prélèvements sociaux, contre 30% de PFU sur les dividendes. En dessous de cette TMI, la rémunération est généralement préférable car elle génère des droits à retraite. Pour un président de SASU, les dividendes sont soumis uniquement au PFU de 30% quelle que soit leur montant, ce qui les rend attractifs dès que la TMI dépasse ce seuil. Pour un gérant majoritaire de SARL, l’avantage des dividendes est réduit par l’assujettissement aux cotisations TNS au-delà du seuil de 10% du capital.
Comment fixer sa rémunération quand l’entreprise est en croissance et que les bénéfices varient fortement d’un exercice à l’autre ?
La meilleure approche pour les entreprises à bénéfices variables est de distinguer une rémunération fixe mensuelle (calibrée sur les besoins personnels incompressibles et sur la capacité minimale de l’entreprise à l’absorber même en année difficile) et un complément variable annuel (versé en dividendes ou en complément de rémunération lors de la clôture des comptes, si les résultats le permettent). Cette structure bipartite garantit la stabilité financière personnelle via le fixe, et permet de capturer la valeur des bonnes années via le variable — sans jamais compromettre la trésorerie de l’entreprise pendant les années moins favorables.
Un dirigeant peut-il déduire ses versements PER de son revenu imposable ?
Oui — et c’est l’un des leviers d’optimisation fiscale les plus puissants disponibles pour un dirigeant. Les versements volontaires sur un PER sont déductibles du revenu imposable, dans la limite de 10% des revenus professionnels de l’année précédente (avec des plafonds spécifiques selon que le dirigeant est TNS ou assimilé salarié, et la nature du PER souscrit — PER individuel ou PER d’entreprise). Cette déductibilité génère une économie d’impôt immédiate égale au montant versé multiplié par la TMI du dirigeant — soit 41 ou 45 centimes d’économie par euro versé pour les tranches les plus élevées. La contrepartie est que les fonds sont bloqués jusqu’à la retraite (sauf cas de déblocage anticipé légaux), ce qui implique de calibrer les versements en tenant compte des besoins de liquidité à court terme.







