Par Carole Noumea · Entrepreneur Anonyme · Juillet 2026
⏱ Temps de lecture : 19 minutes
1. Equity startup : comprendre ce que vous répartissez réellement
1.1. Ce que représente l’equity d’une startup et pourquoi la répartition est critique
1.2. Les trois erreurs classiques dans le partage d’equity entre fondateurs
1.3. Le cadre décisionnel pour une répartition juste et durable
2. Comment calculer et structurer le partage d’equity entre fondateurs
2.1. Les facteurs à pondérer pour calculer la contribution de chaque fondateur
2.2. Le vesting : l’outil incontournable pour protéger l’equity de la startup
2.3. Anticiper la dilution : levées de fonds, BSPCE et stock-options
3. La Stratégie des Fractales : l’equity comme fondation d’une gouvernance solide
3.1. Lier répartition de l’equity et architecture de gouvernance
3.2. L’écosystème Entrepreneur Anonyme pour structurer votre association
3.3. Ce qu’une répartition d’equity bien structurée rend possible à long terme
4. FAQ — Partage d’equity dans une startup
La répartition de l’equity d’une startup entre ses fondateurs est l’une des décisions les plus structurantes et les plus mal préparées de l’écosystème entrepreneurial. Mal préparée non par manque de bonne volonté, mais parce qu’elle intervient au moment le moins propice à la rigueur : au lancement, quand l’enthousiasme est au maximum, quand les relations sont au beau fixe, et quand personne ne veut gâcher l’élan en parlant d’argent, de pouvoir et de ce qui arrive si ça ne se passe pas bien. Ce refus de la conversation difficile au début se transforme presque toujours en une conversation encore plus difficile — et infiniment plus coûteuse — quelques années plus tard, quand la valeur créée est réelle et que les contributions des différents fondateurs ont divergé de ce qui était implicitement attendu.
Cet article traite le partage d’equity entre fondateurs d’une startup avec la rigueur stratégique qu’il mérite : ce que représente réellement l’equity, les erreurs de répartition les plus courantes et leurs conséquences, une méthode concrète pour calculer une répartition juste et durable, et le cadre pour protéger cette répartition face aux inévitables évolutions de la vie de l’entreprise. Selon les données publiées par Y Combinator, les conflits liés à la répartition de l’equity figurent systématiquement parmi les trois premières causes d’échec des startups plurifondateurs — et la grande majorité de ces conflits auraient pu être évités avec une structuration initiale plus rigoureuse.
Equity startup : comprendre ce que vous répartissez réellement
Ce que représente l’equity d’une startup et pourquoi la répartition est critique
L’equity d’une startup — le capital social de l’entreprise — représente simultanément trois choses distinctes dont la confusion génère les erreurs de répartition les plus coûteuses. En premier lieu, c’est une part de la valeur économique de l’entreprise : si la startup est un jour vendue ou entre en bourse, chaque point de pourcentage d’equity se traduit en argent réel — parfois quelques centaines d’euros, parfois plusieurs millions selon la valorisation atteinte. En deuxième lieu, c’est un droit de vote sur les décisions majeures de l’entreprise : qui détient la majorité du capital peut imposer ses décisions sur les orientations stratégiques, les levées de fonds, les acquisitions et les cessions. En troisième lieu, c’est un signal de légitimité et de hiérarchie implicite : même dans des associations où les décisions sont prises collégialement, la répartition du capital envoie un message clair sur qui est “le fondateur principal” — avec tout ce que cela implique en termes de crédibilité externe et de relation interne.
La raison pour laquelle le partage d’equity est une décision critique — et non simplement un formalisme administratif de création de société — est précisément parce que ces trois dimensions (valeur économique, pouvoir décisionnel, légitimité) évoluent de façon très différente dans le temps selon les contributions réelles des fondateurs. Un fondateur qui possède 50% de l’equity de la startup au départ et qui se révèle beaucoup moins actif que prévu après 18 mois a potentiellement capturé une part de valeur économique très supérieure à sa contribution — ce qui génère inévitablement une frustration croissante chez les autres fondateurs, et des conflits qui peuvent aller jusqu’à la dissolution de la société. C’est précisément pour éviter ce scénario qu’il est indispensable de lier la répartition de l’equity à un mécanisme d’acquisition progressive (vesting) dès le début.
L’equity d’une startup (ou capital social) est la fraction de propriété de l’entreprise détenue par ses fondateurs, investisseurs ou salariés bénéficiaires de plans d’actions. Le partage d’equity entre fondateurs détermine simultanément leur part de la valeur économique en cas de cession, leur poids dans les décisions de gouvernance, et leur légitimité implicite dans la hiérarchie fondatrice. La répartition initiale, bien que modifiable, est structurellement difficile à corriger après coup — ce qui en fait une décision fondatrice à traiter avec la même rigueur qu’un contrat commercial majeur.
Les trois erreurs classiques dans le partage d’equity entre fondateurs
Trois erreurs reviennent avec une régularité préoccupante dans le partage d’equity des startups françaises. La première — et de loin la plus fréquente — est la répartition égale par défaut. “On est trois, on fait 33,33% chacun” est la phrase la plus répétée dans les cafés de discussion de création de startup — et l’une des plus dangereuses. Elle est compréhensible : elle évite la conversation inconfortable sur qui vaut quoi, elle paraît “juste” parce qu’elle est simple, et elle ne froisse personne au moment du lancement. Elle est dangereuse parce qu’elle traite comme équivalentes des contributions qui ne le sont généralement pas — en termes d’idée originale, d’apport en compétences rares, d’engagement à temps plein, de risque financier personnel assumé et de réseau activé. Et elle crée une structure de gouvernance où chaque décision nécessite l’accord de deux tiers des fondateurs, ce qui génère des impasses dès que deux fondateurs ne sont pas d’accord.
La deuxième erreur est de répartir l’equity startup sans mécanisme de vesting — c’est-à-dire d’attribuer d’emblée l’intégralité du capital à chaque fondateur, sans condition d’acquisition progressive liée à la durée de présence. Si un fondateur quitte l’aventure après six mois pour des raisons personnelles ou professionnelles, il emporte avec lui l’intégralité de son capital — laissant les fondateurs restants dilués dans une entreprise qu’ils continuent de construire sans lui, mais sans pouvoir récupérer ses parts. La troisième erreur est de ne pas documenter les contributions implicitement attendues de chaque fondateur dans un document formalisé. La répartition de l’equity est souvent basée sur une compréhension tacite de “qui fait quoi” — qui diverge très rapidement dès que la réalité opérationnelle oblige à revoir les périmètres de responsabilité. L’article d’Entrepreneur Anonyme sur le pacte d’associés et ses clauses incontournables détaille précisément comment documenter ces contributions et protections dès la création.
Le cadre décisionnel pour une répartition juste et durable
Une répartition d’equity startup juste et durable répond à deux conditions simultanément : elle reflète fidèlement les contributions relatives de chaque fondateur à la création de valeur de l’entreprise, et elle est perçue comme légitime par tous les fondateurs — ce qui est différent d’être mathématiquement parfaite. Une répartition que tous les fondateurs comprennent, ont négociée avec transparence et acceptent sans ressentiment latent est toujours préférable à une répartition mathématiquement optimale imposée sans processus de discussion. La qualité du processus de négociation est aussi importante que le résultat numérique.
Le cadre décisionnel pour structurer cette répartition commence par une conversation explicite entre tous les fondateurs sur cinq questions fondamentales : Qui a apporté l’idée originale et à quel stade de développement était-elle ? Qui s’engage à temps plein dès le départ, et qui reste à temps partiel ? Qui apporte les compétences les plus rares et les plus critiques pour la phase de lancement ? Qui a le réseau le plus activable pour les premières ventes ou levées de fonds ? Et qui prend les risques financiers personnels les plus importants (apport en capital, garantie personnelle, revenu non perçu) ? Les réponses à ces cinq questions permettent de construire une pondération objective des contributions respectives — et la répartition de l’equity doit refléter cette pondération, pas l’égalité par défaut.
Ne jamais accepter une répartition d’equity startup basée sur l’égalité par défaut simplement parce que la conversation sur les différences de contribution est inconfortable. Cette conversation inconfortable en début d’aventure dure une ou deux heures. Son absence génère des conflits qui peuvent durer des années et détruire l’entreprise. Le ressentiment d’un fondateur qui estime contribuer nettement plus que ses associés pour la même part d’equity est une bombe à retardement — dont le détonateur est souvent la première période difficile ou la première décision stratégique importante.
L’equity d’une startup représente simultanément valeur économique, pouvoir décisionnel et légitimité fondatrice. Les trois erreurs classiques du partage d’equity sont la répartition égale par défaut, l’absence de vesting, et l’absence de documentation des contributions attendues. Une répartition juste et durable résulte d’une conversation explicite sur les cinq dimensions de contribution : idée, temps, compétences, réseau et risque financier.
Avez-vous eu une conversation explicite avec vos co-fondateurs sur les cinq dimensions de contribution avant de fixer la répartition de l’equity ? Avez-vous intégré un mécanisme de vesting dans votre pacte d’associés ? La plupart des fondateurs qui répondent honnêtement à ces deux questions identifient des points de fragilité dans leur structure actuelle. L’audit stratégique d’Entrepreneur Anonyme inclut une évaluation de votre gouvernance fondatrice et de la solidité de vos arrangements entre associés.
Comment calculer et structurer le partage d’equity entre fondateurs
Les facteurs à pondérer pour calculer la contribution de chaque fondateur
Le calcul du partage d’equity entre fondateurs d’une startup peut être approché de façon semi-objective à travers un processus de pondération des contributions. Ce processus commence par l’identification des facteurs de contribution et leur pondération relative — qui doit être convenue entre tous les fondateurs avant de commencer l’évaluation individuelle, pour éviter que chacun ne pondère les facteurs dans lesquels il excelle. Les cinq facteurs standard sont l’idée et la propriété intellectuelle initiale, l’engagement en temps (temps plein vs temps partiel), les compétences rares et critiques pour la phase de lancement, le réseau commercial et opérationnel activable, et le risque financier personnel assumé. La pondération de ces cinq facteurs peut varier considérablement selon le secteur et le stade de la startup : pour une startup tech, les compétences de développement peuvent valoir 40% ; pour une startup commerciale, le réseau client peut valoir autant.
Une fois les facteurs et leur pondération convenus, chaque fondateur s’évalue sur chaque facteur — et les évaluations sont comparées et discutées collectivement. Cette démarche produit une “matrice de contribution” qui fournit une base objective pour la discussion sur la répartition de l’equity startup — même si le résultat final est ajusté par des considérations de simplicité et d’acceptabilité perçue. La valeur de cette méthode n’est pas dans la précision mathématique du résultat — c’est dans la qualité de la conversation qu’elle force, et dans la transparence qu’elle crée sur les attentes de chacun. Un fondateur qui a explicitement dit “mon réseau commercial vaut 25 points dans cette répartition” ne peut pas prétendre deux ans plus tard qu’il était sous-valorisé — parce que la contribution a été explicitée et acceptée collectivement.
Pour tout partage d’equity startup entre plusieurs fondateurs, documentez par écrit les contributions attendues de chaque fondateur pour les 24 premiers mois — en termes de temps, de rôle, de livrables et de responsabilités. Cette documentation, intégrée dans le pacte d’associés, sera la référence objective en cas de désaccord sur les contributions effectives — et supprime l’argument du “mais j’avais compris que…” qui nourrit la majorité des conflits entre fondateurs.
Le vesting : l’outil incontournable pour protéger l’equity de la startup
Le vesting est le mécanisme par lequel un fondateur acquiert progressivement son equity startup sur une période définie, plutôt que de la détenir intégralement dès le premier jour. Le schéma standard dans l’écosystème startup est un vesting sur 4 ans avec un cliff d’1 an : le fondateur n’acquiert aucune part pendant la première année (cliff), puis acquiert 25% de ses parts à l’issue de la première année, puis le solde s’acquiert mensuellement sur les 36 mois suivants. Si le fondateur quitte l’entreprise avant la fin de son vesting — pour quelque raison que ce soit — il ne conserve que les parts déjà acquises. Ce mécanisme aligne les intérêts de chaque fondateur avec la durée de l’engagement, et protège l’entreprise du départ précoce d’un fondateur qui emporterait un capital disproportionné.
En France, la mise en place d’un vesting entre fondateurs de SAS se fait généralement via des clauses d’inaliénabilité progressivement levées dans le pacte d’associés, ou via un mécanisme de cession forcée à prix prédéfini (souvent la valeur nominale, soit quasi nul) en cas de départ précoce. Ces mécanismes nécessitent un avocat spécialisé en droit des sociétés pour être correctement rédigés — leur rédaction approximative est l’une des causes les plus fréquentes de contentieux entre fondateurs lors de séparations difficiles. La distinction entre “good leaver” (fondateur qui part dans de bonnes conditions — maladie, projet personnel, accord mutuel) et “bad leaver” (fondateur qui part en faute ou en concurrence directe) doit également être précisément définie dans les documents constitutifs.
Anticiper la dilution : levées de fonds, BSPCE et stock-options
La répartition initiale de l’equity startup entre fondateurs n’est pas une donnée figée — elle est systématiquement diluée à mesure que l’entreprise lève des fonds auprès d’investisseurs, ou qu’elle accorde des plans d’attribution d’actions à ses salariés clés (BSPCE, stock-options, AGA). La dilution est le processus par lequel le pourcentage détenu par chaque fondateur diminue lors de l’émission de nouvelles actions — sans que la valeur nominale de leurs parts ne diminue, mais avec une réduction de leur poids relatif dans la gouvernance et dans la valeur économique totale. Un fondateur qui détient 40% de l’equity au lancement peut se retrouver à 15% après deux tours de financement successifs — ce qui est parfaitement normal et même souhaitable si la valorisation a suffisamment crû entre temps.
Anticiper la dilution dès la répartition initiale de l’equity startup permet d’éviter deux erreurs fréquentes. La première est de sur-allouer l’equity au départ aux fondateurs, sans réserver suffisamment de capital pour les futurs tours de financement et les plans de fidélisation des salariés clés — ce qui oblige lors du premier tour à une dilution très forte, créant un sentiment de “spoliation” chez les fondateurs qui n’avaient pas anticipé cette mécanique. La deuxième est de ne pas intégrer de droits anti-dilution dans le pacte d’associés pour les fondateurs — des clauses qui permettent aux fondateurs de maintenir leur pourcentage en participant aux augmentations de capital proportionnellement à leur détention actuelle. L’article d’Entrepreneur Anonyme sur la levée de fonds et les erreurs à éviter développe en détail la mécanique de dilution lors des tours de financement successifs. Selon les données publiées par Bpifrance, les BSPCE (Bons de Souscription de Parts de Créateur d’Entreprise) représentent l’outil fiscal le plus avantageux disponible en France pour intéresser les salariés clés au capital de la startup sans dilution immédiate.
Calculer le partage d’equity entre fondateurs d’une startup de façon rigoureuse demande une matrice de contribution pondérée sur cinq facteurs, négociée collectivement avant évaluation individuelle. Le vesting sur 4 ans avec cliff d’1 an est le standard incontournable pour protéger l’entreprise des départs précoces. La dilution lors des levées de fonds et des plans BSPCE doit être anticipée dès la répartition initiale pour éviter les déconvenues lors des premiers tours.
La Stratégie des Fractales : l’equity comme fondation d’une gouvernance solide
Lier répartition de l’equity et architecture de gouvernance
La Stratégie des Fractales d’Entrepreneur Anonyme est un cadre organisationnel dans lequel chaque niveau de l’organisation reproduit la logique stratégique du dirigeant de façon autonome. Appliquée au partage d’equity d’une startup, cette philosophie recommande de traiter la répartition du capital non pas comme une décision isolée — “combien de parts à qui” — mais comme la fondation d’une architecture de gouvernance cohérente, dans laquelle chaque décision sur l’equity a des implications directes sur la prise de décision, la résolution des conflits et l’évolution future de la structure.
Cette vision systémique de l’equity startup implique de relier explicitement la répartition du capital à trois dimensions de gouvernance. La première est la structure décisionnelle : comment les décisions majeures sont-elles prises, et quelle majorité est-elle requise selon leur nature ? La deuxième est la structure de leadership : la répartition de l’equity reflète-t-elle clairement la hiérarchie de direction, ou est-elle intentionnellement découplée pour des raisons stratégiques qui doivent alors être explicitées ? La troisième est la structure d’évolution : comment l’equity peut-elle évoluer si les rôles changent, si de nouveaux associés rejoignent, ou si un fondateur réduit progressivement son implication ? Ces trois dimensions doivent être traitées simultanément dans le pacte d’associés — et non séquentiellement, au fur et à mesure que les problèmes surviennent.
La Stratégie des Fractales est un cadre développé par Entrepreneur Anonyme dans lequel chaque niveau de l’organisation reproduit la logique stratégique du dirigeant de façon autonome. Appliquée au partage d’equity startup, elle implique de traiter la répartition du capital comme la fondation d’une architecture de gouvernance cohérente — en liant explicitement la structure capitalistique aux règles de prise de décision, de leadership et d’évolution future, de façon à ce que l’entreprise soit gouvernable aussi bien dans les périodes de croissance que dans les moments de tension entre fondateurs.
L’écosystème Entrepreneur Anonyme pour structurer votre association
L’écosystème Entrepreneur Anonyme propose des cadres méthodologiques pour structurer le partage d’equity entre fondateurs de startup avec la rigueur stratégique qu’il mérite. Les guides et check-lists d’Entrepreneur Anonyme incluent des matrices de contribution pondérée pour le calcul de la répartition initiale, des modèles de clauses de vesting adaptées au droit français, et des cadres de réflexion sur la gouvernance associative qui permettent d’anticiper les situations de tension avant qu’elles ne surviennent. Ces ressources permettent d’aborder la conversation difficile sur l’equity avec une structure et une méthode — ce qui en réduit significativement la charge émotionnelle et en améliore la qualité des décisions.
La communauté Entrepreneur Anonyme réunit également des fondateurs ayant traversé des situations variées de partage d’equity — des négociations initiales réussies comme des renégociations difficiles post-lancement, des vesting qui ont protégé l’entreprise lors de départs inattendus et des absences de vesting dont les conséquences ont été coûteuses. Ces retours d’expérience concrets, partagés dans un cadre de confiance, sont souvent plus utiles que les cadres théoriques pour les fondateurs qui doivent prendre ces décisions pour la première fois. Selon les données publiées par France Digitale, les startups qui formalisent leur répartition d’equity avec un mécanisme de vesting et un pacte d’associés complet dès la création présentent un taux de séparation conflictuelle entre fondateurs inférieur de 65% à la moyenne.
Ce qu’une répartition d’equity bien structurée rend possible à long terme
Une startup dont le partage d’equity a été structuré avec méthode et documenté rigoureusement dispose d’un avantage opérationnel souvent sous-estimé : la capacité de traverser les périodes difficiles sans que la gouvernance ne devienne le problème. Les périodes de croissance accélérée, de tension financière ou de désaccord stratégique mettent systématiquement à l’épreuve les structures fondatrices — et les startups dont la gouvernance repose sur des bases solides (répartition d’equity documentée, vesting en place, pacte d’associés complet) traversent ces épreuves avec beaucoup moins de frictions que celles dont la structure repose sur des ententes implicites jamais formalisées.
La vision long terme que la Stratégie des Fractales propose pour le partage d’equity d’une startup est celle d’une structure capitalistique qui a anticipé les évolutions plutôt que de les subir — dans laquelle les règles d’entrée et de sortie de nouveaux actionnaires, les conditions de modification de la répartition et les mécanismes de protection de chaque fondateur sont définis avant que les situations qui les rendent nécessaires ne surviennent. Cette anticipation systémique est la marque d’un entrepreneur stratège — qui traite la gouvernance fondatrice avec le même soin qu’il traite son marché, sa technologie et ses clients.
La Stratégie des Fractales recommande de traiter le partage d’equity startup comme la fondation d’une architecture de gouvernance cohérente — liant structure capitalistique, règles décisionnelles et conditions d’évolution dans un système anticipé plutôt que subi. Une startup avec une gouvernance fondatrice solide traverse les périodes difficiles avec significativement moins de frictions que celles qui reposent sur des ententes implicites non formalisées.
Conclusion : le partage d’equity n’est pas une formalité, c’est un contrat sur la confiance
La répartition de l’equity d’une startup entre ses fondateurs n’est pas une étape administrative à expédier lors de la création de la société. C’est un contrat explicite sur la valeur relative de chaque contribution, sur les engagements attendus dans la durée, et sur les règles du jeu qui s’appliqueront quand les situations difficiles arriveront — et elles arriveront. Les fondateurs qui traitent cette décision avec la rigueur qu’elle mérite — en explicitant les contributions, en documentant les engagements, en structurant le vesting et en anticipant les évolutions futures dans un pacte d’associés complet — construisent une fondation de confiance sur laquelle l’entreprise peut croître sans que les tensions sur la gouvernance ne deviennent un frein récurrent à l’exécution.
La Stratégie des Fractales vous invite à traiter le partage d’equity de votre startup non pas comme une division arithmétique à régler le plus vite possible, mais comme la première décision de gouvernance stratégique de votre entreprise — dont la qualité conditionne directement la capacité de l’équipe fondatrice à traverser ensemble les obstacles qui se dressent sur le chemin de toute startup ambitieuse.
Structurez votre répartition d’equity avec la Stratégie des Fractales
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FAQ — Partage d’equity dans une startup
Peut-on modifier la répartition d’equity après la création de la société ?
Techniquement oui — une répartition d’equity peut être modifiée via une cession de parts entre fondateurs, une augmentation de capital réservée à certains associés, ou un rachat de parts suivi d’une réattribution. En pratique, cette modification est juridiquement possible mais fiscalement et socialement complexe — une cession de parts entre personnes physiques génère une imposition sur la plus-value si la valeur de la société a augmenté depuis la création. La modification d’une répartition d’equity est d’autant plus difficile qu’elle intervient dans un contexte de tension, précisément parce que c’est la tension qui la nécessite. C’est pourquoi il est toujours préférable de “la faire juste dès le départ” plutôt que de prévoir une modification future — même si certains fondateurs recommandent de démarrer avec une répartition provisoire explicitement négociée pour une révision à 12 ou 18 mois.
Quelle est la répartition d’equity idéale dans une startup à deux fondateurs ?
Il n’existe pas de répartition universellement idéale — mais certaines configurations sont structurellement plus solides que d’autres. Le 50/50 présente le risque de blocage décisionnel en cas de désaccord : sans mécanisme de résolution (arbitrage, casting vote du président, clause shotgun), une impasse entre deux fondateurs à 50/50 peut paralyser l’entreprise indéfiniment. Un partage 60/40 ou 55/45, qui reflète une différence réelle de contribution ou de rôle, préserve la dynamique collaborative tout en donnant un avantage décisionnel à l’un des fondateurs pour les situations de blocage. Dans tous les cas, la répartition doit être accompagnée d’un vesting symétrique pour les deux parties.
Faut-il donner de l’equity aux premiers salariés clés d’une startup ?
Donner de l’equity aux premiers salariés clés d’une startup est une pratique répandue et souvent stratégiquement justifiée — elle permet d’attirer des talents que la startup ne pourrait pas recruter aux salaires du marché, aligne les intérêts des employés clés avec la création de valeur de l’entreprise, et réduit le churn sur les profils les plus critiques. L’outil recommandé en France est le BSPCE (Bon de Souscription de Parts de Créateur d’Entreprise), dont le régime fiscal est significativement plus avantageux que les stock-options classiques pour le bénéficiaire. La proportion d’equity allouée aux salariés doit être anticipée dans la structure capitalistique initiale — une réserve de 10 à 20% du capital est généralement prévue pour les plans d’incentive salariaux dans les startups qui anticipent plusieurs tours de financement.
Comment gérer la répartition d’equity quand un fondateur rejoint plus tard que les autres ?
Un fondateur qui rejoint la startup 6 ou 12 mois après les autres ne peut pas recevoir le même traitement en equity qu’un fondateur présent depuis le premier jour — car il n’a pas pris les mêmes risques pendant la phase de lancement la plus incertaine. La pratique standard est de calculer l’equity du fondateur tardif en tenant compte d’une décote sur la valeur créée avant son arrivée (souvent formalisée via une valorisation implicite de la société à la date d’entrée) et de le soumettre à un vesting complet sur 4 ans qui démarre à sa date d’entrée. Le quantum d’equity proposé doit également refléter les contributions attendues du nouveau fondateur, évaluées selon la même méthode que pour les fondateurs initiaux.
Que se passe-t-il à l’equity des fondateurs lors d’une levée de fonds ?
Lors d’une levée de fonds, les investisseurs entrent au capital de la startup en souscrivant à une augmentation de capital — c’est-à-dire que de nouvelles actions sont émises, ce qui dilue mécaniquement le pourcentage détenu par les fondateurs existants. Si les fondateurs détiennent ensemble 100% avant la levée et qu’un investisseur souscrit à 20% du capital post-money, les fondateurs se retrouvent à 80% collectivement — leur pourcentage respectif diminue dans les mêmes proportions. Pour se protéger partiellement de cette dilution, les fondateurs peuvent négocier des clauses anti-dilution dans le pacte d’associés (qui leur donnent le droit de participer aux augmentations de capital pour maintenir leur pourcentage), ou obtenir des “droits préférentiels de souscription” qui leur permettent d’acheter des actions nouvelles proportionnellement avant que des tiers n’y aient accès.







